À l’occasion d’une pause pendant l’Assemblée générale de la Ligue Languedoc-Roussillon Jean-Louis Guichard a pris le temps d’évoquer la saison estivale qui s’ouvre avec les 20 ans du Sandball à Montalivet et qui s’achèvera en août du côté d’Ekaterinbourg où il accompagnera l’équipe de France jeunes garçons. Président du Comité des Pyrénées Orientales et coordinateur des comités de la zone sud-est, il livre aussi son sentiment sur la réforme territoriale.

Comment se préparent les 20 ans Sandball organisés à Montalivet le week-end prochain ?
La FFHB a souhaité fêter l’anniversaire des 20 ans du Sandball et dans les nombreux échanges entre tous les acteurs, Montalivet s’est naturellement imposé car c’est un lieu magique, une des places fortes des « sandballeurs ». Un long processus a permis de mettre en place un nouveau contrat avec les créateurs du Sandball (Bhakti Ong, Éric Quintin et Laurent Munier) et la FFHB, l’objectif étant de pouvoir décliner le Sandball chez les jeunes avec les Ligues et les Comités. De ce contrat signé l’an passé et suite à une discussion fort conviviale entre Joël Delplanque et Éric Quintin, l’idée de fêter les 20 ans du Sandball s’est imposée comme une évidence. Tony Trijoulet, élu local historique et le Maire de Vendays-Montalivet ont immédiatement adhéré au projet sachant que nous ne souhaitions pas que la FFHB soit opératrice de l’événement mais qu’elle vienne en support du Comité de Gironde, organisateur du sandball 33 avec son président Didier Bizord aux manettes.

Comment va se dérouler la cérémonie de l’anniversaire ?
Le but n’est pas de faire un truc monumental et grandiloquent mais de toujours s’inscrire dans la convivialité et le plaisir du jeu. Éric Quentin et Bhakti Ong seront présents (Laurent Munier est retenu à Chambéry) et d’autres grandes figures nous rejoindront comme Jérôme Fernandez ou Pascal Mahé. La Municipalité de Vendays-Montalivet a magistralement préparé les terrains, la fête sera belle. Des élus FFHB seront présents ainsi que la présence de la référente « Sport de Nature » au Ministère des Sports.

Le Sandball a depuis envahi toutes les plages et pas seulement…
Le Sandball est très populaire. Entre la Tournée FDJ, les opérations labellisées par la Commission de développement de la FFHB, les organisations Comités et les événements montés par des associations telles qu’Handballez-vous, c’est plus de 250 000 personnes, toutes générations confondues, qui seront sur le sable cet été.

Président du Comité des Pyrénées Orientales, comment se déploie le Sandball sur le littoral ?
Depuis plusieurs années, le Comité 66 met à disposition des clubs du matériel et la participation des deux salariés. Les clubs organisent des animations Sandball avec les OT comme par exemple à Banyuls-sur-Mer et Argelès-sur-Mer… Il y a aussi une opération originale à Saint-Cyprien ou la Municipalité subventionne la mise en place du Sandball comme une des activités principales Sport-Co du « Centre aéré de plage ».

Quels souvenirs conservez-vous de la venue des Barjots dans les années 90 ?
Dans le cadre de ses missions, Daniel Costantini était venu à Banyuls à la fin des années 90. Le site lui a immédiatement plu et il a choisi de venir effectuer la préparation finale aux J.O. de 1992. Avant de rejoindre Barcelone les joueurs devaient passer une semaine en commun pour ce dernier stage. Il m’a fait confiance sur l’environnement que je pouvais créer autour de l’équipe de France. Je conserve de beaux souvenirs : Pascal Mahé jouant avec des minots dans la piscine des Palmiers, un peu comme s’il était avec ses enfants. Et, cette « grillade » organisée dans la montagne avec mon pote Titi Coste. Cette médaille de bronze à Barcelone, je l’ai vécue comme un bonheur qui allait bien au delà du handball. Banyuls-sur-Mer est souvent appelé Banyuls-sur-Hand.

Vous participiez samedi à l’AG de la Ligue Languedoc-Roussillon. La réforme des Territoires et-elle au centre des débats ?
Lorsque Joël Delplanque nous dit « osons » à propos de cette réforme, il a totalement raison car le sujet est non seulement incontournable mais il va devenir un fait qui va s’imposer presque naturellement à tous. Une nouvelle ère est en marche, un nouveau mode de fonctionnement. Au fil des années, j’ai pu mesurer les difficultés relationnelles qui peuvent exister entre les différentes composantes Comités et Ligues. Je fais partie de ceux qui pensent que le Territoire doit être une co-gestion Ligue-Comités avec une mise en commun des ressources, pourquoi pas des salariés, avec un seul centre de décision, le Territoire.

N’est–ce pas tout simplement lié parfois à des jeux de pouvoir ?
Fondamentalement, je crois qu’il ne faut pas confondre pouvoir et responsabilité. Le Président du Comité, de la Ligue, lorsqu’il est élu s’engage dans un « CDD associatif », pour un plaisir librement consenti, dans le but de donner le meilleur de lui-même dans l’intérêt général. Etre élu associatif ce n’est pas un métier. Je suis membre invité du CA de la FFHB depuis 2005, j’ai pu mesurer l’impact de la responsabilité, les décisions préparées et votées collectivement, le dévouement et la compétence de nombreux élus, je suis fier d’appartenir à cette grande famille du handball, moi le rugbyman pyrénéen.

Chef de délégation d’une équipe de France, est-ce une vocation ?
En 2005 André Amiel et la DTN avaient lancé la pouponnière alors dirigée par Philippe Schlatter. Il m’a été proposé d’accompagner la délégation, peut-être aussi parce que avec un diplôme d’éducateur spécialisé je pouvais apporter un plus dans le management du joueur en dehors du terrain. J’ai débuté avec la génération Valentin Porte puis celle de Mathieu Grébille, aujourd’hui c’est la génération Fabregas en équipe de France jeune. Avec minots, je suis un peu le psy-social du groupe capable de compléter le coach dans la gestion des conflits, de souder et de fédérer le staff dans une dynamique positive. L’optimisme c’est ma première nature.

Avec ce titre européen, la génération actuelle a enfin ouvert le compteur des sélections jeunes…
Lors d’une discussion à bâtons rompus avec Claude Onesta, il m’avait dit « avoir une attitude pédagogique et éducative n’empêche pas d’avoir des résultats, en clair, la pédagogie n’est pas antinomique de la victoire ». Philippe Schlatter dans un premier temps, puis Éric Quintin, qui est un est un incroyable compétiteur, avec un groupe exceptionnel de copains, a permis de créer cette alchimie. J’ai rarement vu une telle solidarité entre des gamins de cet âge. L’an passé, sur le podium du podium, Lucas Ferrandier, médaille d’or autour du cou, me dit : « je suis heureux mais j’ai aussi une grosse pensée pour tous ceux de mes potes qui sont venus en sélection cette année et qui ne sont pas là ce soir. » Lucas, c’est le boss de l’équipe, un garçon qui a une capacité presque naturelle à faire passer les messages des coaches, sur et en dehors du terrain.

Ludovic Fabregas, c’est une jeune pousse de Banyuls…
D’abord je me réjouis de la collaboration entre Eric Quintin, Philippe Bana et Patrice Canayer afin que Ludovic puisse disputer le Mondial Jeune en Russie cet été, c’est aussi valable pour Chambéry avec Mélvyn Richardson. En fait je connais bien mieux son grand frère Alex et surtout le papa que j’entraînais au rugby à Banyuls lorsqu’il était junior. Ludovic, je l’ai découvert récemment car il est parti tôt en pole espoir. Ludo, c’est une anti-star, il semble froid car c’est un garçon qui intériorise beaucoup mais qui a une forte présence sur le terrain, il rassure. Il y a aussi Mélvyn que j’ai connu bébé dans les bras de ses parents toujours du côté de la Côte Vermeille ou précédemment Kentin Mahé. Tous ces garçons ont su se mettre au service du groupe.

Comment se présente le Mondial en Russie en août prochain ?Nous allons débuter la préparation le 15 juillet à Saint-Malo avec la République tchèque qui est un très bon sparring-partner puis nous rejoindrons Tignes pour la préparation terminale avec la Hongrie. Il y aura un groupe de 24 joueurs qui sera réduit à 17 pour partir à Ekaterinbourg. Joël Delplanque représentera l’IHF pendant cette compétition et il pourra ainsi nous suivre au plus près. Nous espérons fortement lui offrir une médaille couleur soleil…catalan évidemment.